La Somalie décrète l’état d’urgence face aux criquets pèlerins

Diass-Infos : C’est le premier pays de la région à le faire. La Somalie déclare « urgence nationale » face à l’invasion de criquets pèlerins, qui touche actuellement la Corne de l’Afrique. Des millions de ces insectes, capables de parcourir 150 km par jour, sont descendus jusqu’au Kenya, et menacent les cultures et la sécurité alimentaire. La Somalie et l’Éthiopie n’avaient pas vu d’essaims d’une telle ampleur depuis 25 ans.

Ce sont d’immenses nuages sombres qui se déplacent dans le ciel depuis plus de deux mois. Des nuages formés par les essaims de criquets pèlerins. Ils sont des millions et parcourent jusqu’à 150 kilomètres par jour à la recherche de végétaux. Chacun d’entre eux ingère 2 grammes quotidiennement. Ces insectes consomment aussi du fourrage et menacent donc les sources de nourriture des personnes, mais aussi de leur bétail, précisent les autorités somaliennes.

En prenant cette mesure d’urgence nationale, le gouvernement veut concentrer les efforts pour contenir ces essaims avant les récoltes, prévues pour le mois d’avril.

L’Éthiopie et le Kenya sont également touchés. Au Kenya, les criquets se dirigent désormais vers la vallée du Rift, l’un des greniers de la région. Les Nations unies appellent à une mobilisation internationale pour endiguer la propagation de ces criquets.

Une invasion exceptionnelle due aux fortes pluies de ces dernières semaines, inattendues en cette période de l’année habituellement saison sèche. La terre humide favorise la reproduction des criquets, jusqu’à 300 œufs par femelle. À ce rythme, les essaims pourraient atteindre prochainement l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Réunion des ministres de la région

Les ministres des pays de la Corne de l’Afrique prévoient de se réunir vendredi prochain, pour aborder le sujet ensemble. Le ministre somalien de l’Agriculture, Said Hussein Iid, explique que « le niveau de préparation du pays et de la région sont minimes, parce que nous n’avions pas vu autant de criquets depuis 25 ans, donc nous avons été un peu pris de court. »

Il était nécessaire de déclarer cette invasion comme une urgence nationale, car « ces insectes représentent un réel danger », estime-t-il. « Les criquets pèlerins s’en prennent toujours aux cultures. La saison des pluies arrive, et cela coïncide avec les récoltes pour les aliments de base, le maïs et le sorgho. »

Le ministre ne cache pas son inquiétude. « Nous craignons que les criquets ravagent de grandes parties de nos champs. Et cela aurait des conséquences très fortes sur la sécurité alimentaire de notre pays, qui est déjà dans une situation fragile. »

DIASS

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