TABASKI COMPLIQUÉE

TABASKI COMPLIQUÉE


Approvisionnement en moutons : la Tabaski des incertitudes

Manque de moutons Tabaski
Le ministre Samba Diobène Ka avait déjà lancé l’alerte aux Sénégalais. Si vous n’achetez pas très tôt un mouton, rien ne vous est garanti. Aujourd’hui, vu la cherté des moutons, l’on se dirige vers une tabaski de toutes les incertitudes.
La sortie pas du tout rassurante du ministre de l’Elevage Samba Ndiobène Ka laisse toujours les Sénégalais dans l’incertitude. Lors d’une réunion avec les différentes parties prenantes en perspective de la tabaski, le ministre de l’Elevage a invité les Sénégalais « d’acheter tôt leur mouton, pour la tabaski». Sinon, avertit-il, en cas d’achat tardif, « les opérateurs se retrouveraient dans l’impossibilité de convoyer des moutons en renfort ».
Une déclaration interprétée par les Sénégalais comme l’annonce d’une pénurie de moutons. A quelques jours de la tabaski, c’est le doute total chez les acheteurs.
Les injonctions de Macky
Comme le Sénégalais lambda, le président de la République Macky Sall a les mêmes préoccupations. Lors du dernier conseil des ministres, le Président Macky Sall a fait savoir, en Conseil des ministres, qu’il ne veut pas entendre parler de manque de moutons pour cette année.
Macky Sall a rappelé au gouvernement, en l’occurrence au ministre de l’Elevage et son collègue du Commerce, la haute priorité qu’il accorde à la facilitation de l’approvisionnement suffisant du pays en moutons et en denrées de première nécessité, à des prix abordables, à l’occasion de la célébration de la fête de la Tabaski.
Macky avait également demandé au ministre de l’Elevage, Samba Ndiobène Ka, en relation avec les ministres concernés, les éleveurs et les opérateurs, de veiller au convoyage adéquat des petits ruminants, ainsi qu’à la couverture sécuritaire et sanitaire des zones d’attente et de vente de moutons.
Depuis lors, le ministre de l’Elevage multiplie les sorties pour annoncer le convoyage de moutons vers les localités du Sénégal.
803 000 têtes de moutons pour le Sénégal
Lors de l’inauguration du marché à bétail de Missira Wadène, une localité de la région de Kaffrine, Samba Ndiobéne a renseigné que cette année, le Sénégal aura besoin de 803 000 têtes de moutons pour couvrir les besoins liés à la célébration de la fête de la Tabaski dont 263 mille moutons pour la seule région de Dakar. « Nous allons nous battre pour atteindre ces objectifs’’, avait promis le ministre de l’Elevage dans la même occasion.
A moins dix jours de la tabaski, le ministre de l’élevage avait déjà livré les chiffres de Dakar. Ce, lors de sa visite de terrain sur les différents points de vente de moutons à Dakar. Selon Samba Ndiobéne 151.000 têtes de moutons ont été déjà enregistrés dans la capitale. Se réjouissant de ce nombre, on comparera l’approvisionnement de la capitale à pareil moment l’année dernière. « À jour-J moins 8, l’année dernière, on était aux alentours de 95.000 têtes de moutons de Tabaski. Cette année, selon le recensement, nous sommes aux alentours de 151.000 têtes de moutons donc avec un surplus de 65.000 têtes ou 55.000 têtes. »
Toutefois, signalons que le ministre avait annoncé lors de sa visite à l’occasion de l’inauguration du marché à bétail de Missira Wadéne que seule la région de Dakar avait besoin de 263 mille moutons.
A Kaolack, au sortir de sa visite dans les points de vente de moutons, le ministre s’est voulu rassurant. « L’année dernière à la même période, j-11, on était aux alentours de 18.000 têtes sur une demande régionale qui tourne autour de 50.000 têtes, cette année à la même période, on est à plus de 28.000 têtes. C’est une différence notoire de 10.000 têtes. Si cette tendance continue jusqu’à la veille de la Tabaski, on peut se permettre de dire d’une façon catégorique que le marché régional de Kaolack sera très bien approvisionné en moutons… ».
Mais pour un ministre dont la première année au département de l’Elevage a été catastrophique en matière d’approvisionnement du Sénégal en moutons, mieux vaut être prudent. Surtout si ce même ministre a très tôt averti les Sénégalais sur ce qui risque de les attendre. La tabaski s’annonce donc incertaine pour les père de famille qui n’ont pas encore de mouton.

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