IMPACTS DU CORONAVIRUS SUR LES ENTREPRISES AU SÉNÉGAL

IMPACTS DU CORONAVIRUS SUR LES ENTREPRISES AU SÉNÉGAL


Les chiffres de la crise

Le premier semestre 2020 a été marqué par la crise sanitaire, d’ampleur mondiale liée à la Covid-19, entrainant une paralysie des économies avec d’importantes difficultés sur tous les plans. Afin d’appréhender les conséquences de la pandémie sur l’activité économique sénégalaise, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie, en partenariat avec le ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, a réalisé une enquête en ligne auprès des unités du secteur formel pour cerner les intentions d’investissement des entreprises et identifier leurs besoins de financement dans la stratégie de relance post covid-19.
La base de sondage est constituée de l’ensemble des entreprises formelles enregistrées au Centre unique de collecte de l’information (Cuci). Le questionnaire a porté sur trois (3) sections : l’identification des unités économiques ; l’impact de la covid-19 et le capital et l’investissement. Il ressort des résultats de l’enquête que l’arrêt momentané d’activité a été constaté auprès de 27,4% des entreprises formelles et touche notamment les petites unités (30,9%).
Le phénomène est plus ressenti dans les secteurs des hôtels, bars et restaurants (50,2%), des services fournis aux entreprises (31,7%), des services personnels et divers (29,7%), du commerce (27,2%), des autres industries (25,5%) et des transports (24,3%). Il est motivé par la fermeture des frontières (36,6%), la fermeture des marchés, des écoles et des universités (33,0%), le problème de financement (32,0%), le problème d’approvisionnement en matières premières (28,0%) et les difficultés d’écoulement de la production (21,7%).
5,4% des entreprises ont changé d’activité
A défaut de fermer momentanément, 5,4% des entreprises ont changé d’activité depuis mars 2020 pour s’adapter à la crise. Ce sont essentiellement les petites entreprises et les moyennes entreprises qui sont concernées par ce changement de branche d’activité. Près de la moitié (49,6%) des entreprises qui ont changé d’activité se sont orientées vers le commerce contre 42,7% vers les activités de services de soutien et de bureau. Les petites entreprises sont les plus nombreuses à s’orienter vers le commerce (51,4%) et les activités de services de soutien et de bureau (44,7%).
Concernant l’évolution de l’activité, 60,9% des entreprises ont enregistré un repli des quantités produites. Cette baisse touche 59,7% des petites entreprises, 83,7% des moyennes entreprises et 37,6% des grandes entreprises. Pour les entreprises dont l’activité a évolué, 38,5% ont enregistré un repli situé entre 25% et 50% de la quantité produite. Elles représentent 25,0% à avoir subi un abaissement de moins de 25% de la quantité produite. Quant aux entreprises qui ont connu un fléchissement des quantités produites entre 50% et 75%, elles représentent 28,4% des entreprises ainsi impactées. Concernant le reste des entreprises (7,3%), elles ont enregistré une chute de la quantité produite de plus de 75%.
62,9% des entreprises ont vu leurs chiffres d’affaires baisser
Pour le chiffre d’affaires, 84,6% des entreprises ont connu un fléchissement contre 15,4% qui ont observé une stagnation. La baisse concerne 62,9% des grandes entreprises, 78,9% des moyennes entreprises et 87,4% des petites entreprises. Près de deux entreprises sur cinq (39,3%) dont le chiffre d’affaires a évolué ont connu un retrait entre 25% et 50% des ventes, contre 30,6% à avoir subi une baisse entre 50% et 75% des ventes. Les grandes entreprises (45,8%) ont surtout enregistré des abaissements de moins de 25% dans les ventes. En revanche, pour les moyennes (54,2%) et les petites entreprises (37,8%), elles ont davantage enregistré une dégradation entre 25% et 50% dans leurs ventes.
De leur côté, les canaux de transmission de la pandémie sont essentiellement les difficultés d’écoulement de la production (44,9%), le respect des mesures préventives de la covid-19 (35,5%), les difficultés d’approvisionnement en matières premières (30,1%), le coût élevé du transport (25,5%) et les difficultés relatives à l’accès au financement (23,4%). Le problème d’écoulement de la production affecte toutes les entreprises mais, selon la taille, il touche plus les moyennes entreprises (53,2%) et les grandes entreprises (49,5%).
Ces difficultés ont eu comme principales conséquences le manque de liquidités ou de financement (61,3%), la réduction de la production/vente (52,1%) et la diminution du personnel (28,5%). Le manque de liquidité ou de financement affecte 64,6% des petites entreprises, 50,9% des moyennes entreprises et 38,4% des grandes entreprises. La réduction de la production ou des ventes touche 53,5% des petites entreprises, 49,8% des moyennes entreprises et 39,3% des grandes entreprises. Quant à la diminution du personnel, elle concerne 31,2% des petites entreprises, 12,6% des moyennes entreprises et 24,0% des grandes entreprises.
71,5% des sociétés ont, malgré tout, conservé leur main d’œuvre
L’analyse de l’évolution de l’effectif du personnel révèle que 71,5% des entreprises ont conservé leur main d’œuvre. La baisse du personnel permanent a été enregistrée dans moins d’un quart des entreprises (20,5% pour les hommes et 16,1% pour les femmes) tandis que celle des saisonniers a été notée dans près du tiers des unités (21,4% pour les hommes et 31,2% pour les femmes). Le niveau de baisse est relativement faible avec moins de 3 travailleurs permanents en moyenne pour 44,7% des entreprises. La baisse de l’effectif des permanents a été plus notée dans les petites entreprises (21,5% pour les hommes, 16,8% pour les femmes), tandis que celle des saisonniers a été plus observée dans les moyennes entreprises (25,3% pour les hommes et 25,8% pour les femmes).

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