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Afghanistan: influence croissante des talibans, le gouvernement en pleine débandade

Le retrait total des soldats américains d’Afghanistan est prévu avant le 11 septembre. Alors que les violences continuent plus que jamais dans le pays, les négociations de paix à Doha entre la délégation envoyée par le gouvernement afghan et celle des talibans sont au point mort. 

Les négociations avec les talibans vont-elles enfin reprendre et avancer ? C’est ce qui est espéré chaque jour à Doha, où se trouvent des membres de la délégation du gouvernement de Kaboul. Mais tout reste très confus. 

Dimanche 20 juin, les talibans, à qui il est souvent reproché de ne pas avoir de véritable intention de faire la paix ni de projet de gouvernance, ont publié un long communiqué. Leur désir, écrivent-ils, est de parvenir par des négociations à « un authentique régime islamique ». Ils appellent la communauté internationale à laisser les Afghans décider de leur sort et à ne pas s’ingérer dans leurs affaires.

Quel est exactement leur projet de société ? Ils « préserveront les droits de tous les citoyens, hommes et femmes, à la lumière des préceptes de l’islam et des traditions de la société afghane », assurent-ils. 

Envisagent-ils de laisser les femmes occuper des postes à responsabilité dans des structures privées ou gouvernementales ? On en saura pas plus.

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Trouver un moyen de s’exiler

Face à ces négociations à la peine, la lassitude au sein de la population était perceptible il y a quelques mois, ainsi qu’une inquiétude évidente face à l’incertitude de l’avenir. Aujourd’hui, le pessimisme règne. C’est comme si les jeux étaient faits, les dés jetés. Tout le monde s’attend au pire. 

Nombreux sont ceux qui tentent de trouver un moyen de quitter l’Afghanistan. Les chauffeurs de taxi, les enseignants, les étudiants, les femmes de ménage… Cela fait quarante ans que le pays est en guerre et ce que beaucoup ressentent ici à la veille du départ des troupes étrangères, c’est l’arrivée du chaos. 

Les talibans, loin d’avoir réduit leurs attaques contre les forces étrangères, au contraire les ont intensifiées. Ils sont désormais aux portes de plusieurs capitales provinciales, y compris dans des districts de la province de Kaboul. Il y a encore trois mois, on se rendait à Istalif, une ville au nord de Kaboul sans craindre pour sa sécurité. Aujourd’hui, il est fortement déconseillé de s’y rendre car les talibans sont désormais tout autour. 

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