Entre exportations et consommation locale, comment le Sénégal compte utiliser son gaz

Diass-Infos : par RFI Les abondantes réserves de gaz découvertes au large du Sénégal serviront à fournir de l’électricité au pays, s’est engagé le ministre sénégalais du Pétrole et des Énergies. Il présentait les projets du Sénégal à Paris, ce jeudi, à l’occasion du Sommet international du gaz et de l’électricité.

Avec des découvertes gazières qui s’enchaînent dans ses eaux maritimes, le Sénégal dispose désormais de réserves parmi les 30 premières au monde, plus de 1000 milliards de m3 de gaz récupérables. De quoi permettre au pays ouest-africain d’utiliser du gaz plutôt que du charbon ou des générateurs au fuel très polluants, pour produire de l’électricité.

Le ministre sénégalais du Pétrole et des Énergies Mouhamadou Makhtar Cissé le confiait à Paris, un réseau de gazoducs de 450 kilomètres est envisagé, ainsi que la construction d’une centrale à gaz de 225 MW, et, « dans un futur proche », la conversion au gaz de la seule centrale électrique du pays, 125 MW, qui fonctionne au charbon, près de la capitale, Dakar.

Grand Tortue pour les exports, Sangomar pour les besoins locaux ?

Il faudra tout de même un peu de patience avant que le gaz du Sénégal ne participe au bouquet énergétique du pays. Le gisement gazier le plus abondant, Grand Tortue, est au nord, à cheval sur la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie. C’est le plus éloigné des besoins locaux et en particulier de Dakar. Il ne sera donc a priori pas destiné à la consommation locale, souligne l’expert du pétrole Jean-Pierre Favennec, mais aux exportations, sous forme de gaz naturel liquéfié. Du GNL qui sera fabriqué au large, sur des plateformes flottantes de liquéfaction. À moins que l’opérateur du gisement BP ne décide de réaliser un grand projet de liquéfaction sur la côte sénégalaise – le géant britannique du pétrole serait en discussion avec les banques à ce sujet, indique une source pétrolière.

Pas avant 2022

Néanmoins, le gaz le plus accessible pour la consommation sénégalaise serait plutôt le gaz associé au pétrole du gisement offshore de Sangomar, estime le spécialiste, parce qu’il est plus au sud et plus proche de Dakar. La compagnie nationale d’électricité Senelec, amenée à se transformer en holding, en serait, dans un premier temps, l’unique acheteur pour les besoins nationaux.

Quoi qu’il en soit, il faudra que le Sénégal attende 2022 avant de produire les premiers m3 de gaz. D’ici là le ministre du Pétrole et des Énergies envisage, pour entamer la transition, d’importer du gaz naturel liquéfié, au prix le plus compétitif du marché. Et de continuer à soutenir la production d’énergie solaire, à défaut de pouvoir profiter de l’électricité des barrages hydrauliques de la Guinée voisine qui, regrette le ministre sénégalais, « ne fonctionnent pas ».

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