INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE

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Insécurité alimentaire : le Sénégal, un cas grave, la Fao, le Pam, l’Unicef et l’Oms s’inquiètent

La famine diminue au Sénégal, mais le dernier rapport conjoint de la Fao et d’autres structures des Nations unies souligne que la prévalence et le nombre de personnes souffrant de malnutrition dans ce pays restent encore très importants. Un paradoxe, au regard de nombreux programmes destinés à réaliser l’autosuffisance alimentaire dans ce pays !
La sous-alimentation ne se réduit que de manière très faible au Sénégal. Le dernier rapport conjoint de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), le Programme alimentaire mondial (Pam), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’Organisation mondiale de la santé (Oms), sur «l’état de la sécurité alimentaire dans le monde», met en avant le fait que la prévalence de la sous-alimentation est passée au Sénégal, de 25% entre 2000 et 2002, à 8,8% entre 2017 et 2019. En d’autres termes, le nombre de personnes affectées par la malnutrition est passé, entre ces deux périodes, de 2,2 millions à 1,4 million. Cela, pour une population de plus 15 millions d’individus. Il faut dire que la prévalence de la malnutrition n’a fait que baisser durant les près de deux décennies concernées. Mais elle reste néanmoins importante, comme on peut le voir avec ces données. Le document des Nations unies n’indique pas, du fait de son caractère global, les parties du pays les plus affectées, mais les données au niveau local indiquent toujours les zones les plus vulnérables du pays. Ce qui est inquiétant, et devrait pousser les autorités sénégalaises à s’interroger, ce sont les projections de ces structures du système des Nations unies, qui indiquent qu’entre 2028 et 2030, il y aura encore au Sénégal, en peu plus de 1,1 million de personnes souffrant de malnutrition. C’est à se demander si elles sont informées que depuis plusieurs années, le Sénégal se bat pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, en particulier en ce qui concerne certains produits alimentaires, comme les céréales de base.
Ces données ne sont pourtant pas surprenantes, quand on sait qu’une structure comme le Programme alimentaire mondial, qui est très actif dans ce pays, notamment dans la fourniture de suppléments alimentaires, indique sur son site web qu’en dépit «d’une croissance économique significative et d’une stabilité politique, le Sénégal est toujours confronté à d’énormes défis pour son développement», soulignant par ailleurs que «plus du tiers de la population vit en-dessous du taux de pauvreté, tandis que 75% des familles connaissent une pauvreté chronique».
Il faudrait nécessairement rappeler que ces données datent d’avant le Covid-19 et ses conséquences. Car depuis lors, tout le monde est conscient que la situation s’est fortement dégradée dans tous les milieux. Même si la pluviométrie s’annonce prometteuse cette année, il restera à savoir si les paysans seront dans des conditions techniques et sociales optimales pour obtenir des récoltes en suffisance de leurs champs.
Ce qui n’est pas non plus très rassurant, c’est le fait que le rapport souligne que, de manière générale, le niveau de famine et de malnutrition ne cesse de croître au niveau mondial, même si certains pays sont plus frappés que d’autres. Et la situation des femmes et des enfants, les groupes vulnérables de la société, ne s’améliore pas du tout, quand elle ne se dégrade pas.

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