SANTE : La détresse de mères et des enfants dans les hôpitaux

SANTE : La détresse de mères et des enfants dans les hôpitaux

25 octobre 2019 0 Par khalil

Diass-Infos : Une meilleure prise en charge de la douleur et des émotions des jeunes patients connait une évolution lente au Sénégal, plusieurs concernés déplorent ces pratiques.
Une autre expérience des soins est possible. En Afrique subsaharienne, les mères sont trop souvent victimes de violences obstétricales, les nouveau-nés et les enfants trop rarement pris en charge comme des personnes. Durant trois jours, un forum régional réunit à Dakar des équipes médicales qui veulent faire progresser la qualité des prises en charge de la femme enceinte, la mère et l’enfant. Une petite révolution sur un sujet trop longtemps tabou.

« Je n’aime pas les piqûres. Ça me fait peur… Mais l’infirmière a demandé à mon père d’aller chercher une corde. Et on m’a attaché au lit pour me piquer. » A la violence du nœud qui l’a maintenu prisonnier, Birima, 9 ans, aurait préféré un geste d’attention, une explication ou, simplement, un sourire qui rassure. Ses parents aussi. Eux qui avaient choisi l’hôpital d’enfants Albert-Royer de Dakar, l’une des meilleures structures pédiatriques ouest-africaines.

Le Centre de santé mère et enfant de Bumbu est soutenu par Handicap International depuis plusieurs années. Le soutien de HI a permis de réduire le nombre de mamans décédées lors de leur accouchement et de prévenir certains types de handicap pour les enfants. Témoignage disponible // The health center for mother and child from Bumbu is supported by HI since several years. HI project allowed to reduce the death rate of the mother during the childbirth and prevent disabilities for the baby. Text available

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Mais au Sénégal, comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, l’enfant est loin d’être roi. « Le contexte socioculturel est tel que l’enfant n’a pas l’occasion d’exprimer son ressenti par rapport à la maladie, puisqu’il est rarement autorisé à parler devant les adultes. Et, à l’hôpital, les personnels de santé ne lui donnent pas non plus la parole et ne considèrent pas toujours sa douleur comme un paramètre à prendre en compte », fait remarquer Ibrahima Diagne au Monde Afrique, en se référant à sa pratique de pédiatre à Dakar.

Pourtant, hier étouffée derrière les murs de l’hôpital, la souffrance de tous les petits Birima commence à se faire entendre et devient même un sujet de débat. « Nous essayons de sortir de notre routine en nous libérant des objectifs de productivité et en contournant au mieux la précarité de nos conditions de travail. Cela permet d’améliorer notre communication avec le patient, si jeune soit-il », soutient Mame Dièye, infirmière depuis une vingtaine d’années dans un service de néonatologie à Dakar.