Les cinq zones d’ombre du Mondial russe.


Diass-Infos: Une Coupe de monde, c’est un mois d’extase pour n’importe quel fan de football. Même si certains garderont en tête le bon paquet de soupçons et de polémiques que ce Mondial 2018 a soulevé et soulève encore. Retour sur les éléments susceptibles de casser légèrement l’ambiance en Russie.

Le dopage

En décembre 2016, l’Agence mondiale antidopage lâche une petite bombe sur le sport russe. Elle rend public le rapport McLaren, qui a permis de mettre en lumière le dopage systémique dont ont bénéicié les athlètes russes entre 2011 et 2015. Suisant pour exclure toute participation de la Russie aux JO d’hiver en 2018. L’enquête s’est aussi intéressée au cas de l’équipe nationale de football russe, même si le juriste Richard McLaren regrette le manque d’activisme de la FIFA sur le dossier. “Mon travail m’a amené vers diérents sports, football inclus. Je n’ai aucune idée de ce que fait la FIFA. C’est à elle d’enquêter… Mais elle n’a pas vraiment rebondi sur mon travail…” Fin décembre 2017, le président de la fédération de football russe, Vitaly Mutko, abandonnait tout de même temporairement son poste. Ministre des Sports russes de 2008 à octobre 2016, il avait été banni à vie des JO par le CIO pour avoir dissimulé le système de dopage organisé en Russie. Un retrait symbolique, qui n’eface pas les soupçons que certains observateurs continuent d’entretenir à l’égard des joueurs russes.

Le racisme dans les stades

Mardi 27 mars 2018. Au cours du match amical Russie-France (1-3), à SaintPétersbourg, des cris de singes sont proférés à l’encontre d’Ousmane Dembélé et de Paul Pogba. De quoi mettre une fois de plus en lumière un problème qui ne cesse de miner les stades russes: le racisme et la violence de certains groupes ultras qui peuplent les tribunes. Les autorités russes ont longtemps sous-estimé le problème, à l’image d’Alexeï Smertine, l’inspecteur anti-racisme du Mondial, qui déclarait au micro de la BBC en 2015 qu’“il n’y a pas de racisme en Russie”. Une déclaration qui choquait l’opinion publique. Et a depuis incité l’exécutif russe à faire bouger les lignes, en renforçant drastiquement la surveillance des individus et groupes jugés potentiellement dangereux. De quoi freiner temporairement le problème, à défaut de pouvoir réellement le combattre, selon Richard Arnold, professeur de science politique à la Muskingum University, auteur de plusieurs publications sur le hooliganisme et la xénophobie dans les stades russes: “Je pense que, pendant le Mondial, il n’y aura pas trop de problèmes dans l’enceinte des stades. Mais le racisme reste un phénomène important au sein de la société russe. Je repense à ce déilé qui avait été organisé un mois avant la Coupe des confédérations à Sotchi, où on a vu des gens dans la rue portant le maillot du Cameroun, grimés en noir, porter des perruques de style afro ou encore des bananes…”

La menace terroriste

“La menace d’attentat en Russie est très réelle.” Les mots sont d’Alexandre Goltz, un expert russe spécialisé dans les questions de sécurité, interrogé par l’AFP en novembre dernier. De fait, la Russie a récemment été victime de deux attentats. En avril 2017, une bombe explosait dans le métro de Saint-Pétersbourg, faisant 14 morts et 53 blessés. Puis, en août dernier, en Sibérie, sept personnes étaient poignardées en pleine rue, à Sourgout. Deux attaques successivement revendiquées par un groupe terroriste lié à Al-Qaïda et par Daech. De quoi décider les autorités russes à pousser au maximum le curseur sécuritaire. Selon le ministère des Sports, au moins 445 millions d’euros seront dépensés par la Russie pour prévenir toute attaque. Dans le métro de Moscou, des portiques de sécurité ont été installés dans toutes les stations, tandis qu’à Saint-Pétersbourg, la police a déployé des chiens renileurs d’explosifs dans les transports en commun. Le gouvernement a aussi instauré une limitation du droit de manifester et de circuler dans les onze villes hôtes du Mondial, ain de mieux contrôler les mouvements de foules. Des mesures drastiques, pour faire face à une menace qui semble plus tangible que jamais: en juin 2017, des projets d’attentat ont été déjoués juste avant la Coupe des confédérations.

Des conditions d’attribution opaques

 Pour la FIFA, la question est réglée: son comité exécutif a décidé en toute indépendance d’attribuer à la Russie l’organisation du Mondial 2018. Problème: un rapport publié en 2014 par l’ex-procureur américain Michael Garcia fait état de plusieurs éléments qui pourraient laisser planer quelques soupçons. Le Belge Michel D’Hooghe aurait ainsi reçu en avril 2010 un tableau (“sans valeur”, selon lui) de la part du Russe Vyacheslav Koloskov, ancien cadre de la Fédération internationale, lors d’un dîner auquel participait son compatriote Alexei Sorokin, alors numéro deux du comité russe de candidature pour le Mondial. En 2012, Franz Beckenbauer devenait, lui, l’ambassadeur du géant gazier russe Gazprom, une entreprise sponsor de la FIFA et de l’UEFA. Enin, Vladimir Poutine avait rencontré à six reprises des membres du comité exécutif de la FIFA, appelés à départager les candidatures en lice pour le Mondial 2018. Des preuves toutefois insuisantes pour inciter la FIFA à retirer l’organisation de la Coupe du monde à la Russie. Même si des doutes subsistent.

Le niveau de la Sbornaya 

Dernier élément susceptible de gâcher la fête en Russie: le niveau sportif de l’équipe nationale russe. Piteusement éliminée en phase de groupes de l’Euro 2016, la Sbornaya reste sur cinq matchs amicaux sans victoire et peine à convaincre à chaque fois qu’elle foule les prés. Le tirage au sort du Mondial a au moins eu l’élégance d’épargner les Russes, qui afronteront l’Uruguay, l’Égypte et l’Arabie saoudite. Suisant pour inciter l’ancien sélectionneur, Valeri Gazzaev, à rester optimiste: “Je pense que c’est un très bon tirage, idéal. Mais il ne faut pas se relâcher. Chaque équipe qui arrive au Mondial veut montrer ses meilleures qualités… Mais dans l’ensemble, oui, on peut sortir de ce groupe.”

khalil

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