Birmanie: Aung San Suu Kyi inculpée pour corruption dans un troisième procès

Birmanie: Aung San Suu Kyi inculpée pour corruption dans un troisième procès

10 juin 2021 0 Par khalil

L’ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, renversée par un coup d’État militaire le 1er février, a été inculpée pour corruption, a indiqué jeudi 10 juin le journal officiel The Global New Light of Myanmar. L’ancienne cheffe de facto du gouvernement civil est notamment accusée d’avoir perçu « 600 000 dollars et plusieurs kilos d’or » de pots-de-vins. Elle est aussi poursuivie pour l’utilisation abusive de terres pour la fondation caritative Daw Khin Kyi, qu’elle présidait.

Aung San Suu Kyi devra répondre d’au moins quatre chefs d’accusation : des plus légers comme la détention illégale de talkie walkie chez elle sans autorisation ou le non-respect des règles sanitaires pendant la campagne électorale, aux plus graves comme la violation de secret d’état et maintenant des faits de corruption.

La « Dame » est accusée d’avoir reçu l’équivalent de plus de 500 000 euros en argent liquide et de l’or de la part de l’ancien chef de la région de Rangoun, ainsi que de diverses attributions frauduleuses de terrain, notamment à des organisations de charité. 

Des accusations que l’avocat d’Aung San Suu Kyi a qualifié de ridicules. Cela faisait des mois déjà que les militaires essayaient de faire accuser la « Dame » de corruption, allant jusqu’à produire des témoignages d’hommes d’affaires affirmant avoir versé de l’argent à l’ancienne cheffe du gouvernement sur les chaînes de télévision qui leur appartiennent.

Mais jusqu’ici, il semble que le milieu judiciaire avait montré quelques résistances. Avec ce nouveau chef d’inculpation, la junte au pouvoir en Birmanie s’approche un peu plus de son but : écarter définitivement Aung San Suu Kyi du pouvoir.

Bannissement de la vie politique

Interpellée au matin du 1er février, la lauréate du prix Nobel de la paix 1991 fait déjà face à de nombreuses inculpations allant de la possession illégale de talkies-walkies à l’incitation à des troubles publics et à la violation d’une loi sur les secrets d’État.

Si elle est jugée coupable, elle peut être bannie de la vie politique et encourt de longues années de prison. Deux procès sont déjà prévus dans la capitale Naypyidaw, le premier devant démarrer le 14 juin.

L’ex-dirigeante, âgée de 75 ans, pourrait être appelée à comparaître ultérieurement à Rangoun pour le volet concernant la violation du texte sur les secrets d’État.

Pour justifier son putsch, la junte a allégué des fraudes massives aux législatives de novembre 2020, remportées par le parti d’Aung San Suu Kyi.